dezembro 17, 2003

Os Franciús já estão a ver que os tempos mudaram...

Abaixo se transcreve na integra o artigo do Le Monde em que o articulista assume dois reveses importantes para 'parelha' Franco-Germânica.

Gostámos especialmente da análise feita no que concerne ao Pacto de Estabilidade:
De facto não se brinca com a economia digam lá o Ferro e o Louçã o que lhes apetecer...

Isolé, le couple franco-allemand a subi une deuxième défaite en moins d'un an
LE MONDE | 15.12.03 | 15h05
Paris et Berlin sont contrés sur le projet de Constitution, comme ils l'avaient été sur l'Irak.
Bruxelles, de notre bureau européen

L'échec de la Constitution européenne est aussi celui du couple franco-allemand dans l'Europe élargie. En moins d'un an, les deux pays ont subi deux revers importants qui montrent qu'ils ne peuvent plus prétendre être, seuls, le moteur d'une Union composée de 25 pays.



Début 2003, sans consulter leurs partenaires, le président Jacques Chirac et le chancelier Gerhard Schröder ont pris position contre la guerre en Irak. Le secrétaire d'Etat américain à la défense, Donald Rumsfeld, a alors raillé la "vieille Europe" face à la "nouvelle Europe". Quelques jours plus tard, la France et l'Allemagne se faisaient mettre en minorité par une coalition emmenée par le Royaume-Uni, l'Espagne et les pays de l'Est.

A Bruxelles, samedi, la "vieille Europe" a subi un nouveau revers, incapable de convaincre la Pologne et l'Espagne. Le Royaume-Uni a, lui, tout gagné sans combattre. Le président de la Convention, Valéry Giscard d'Estaing, soucieux d'aider Tony Blair à rejoindre vraiment l'aventure européenne, a permis à Londres de conserver son veto en matière fiscale, budgétaire et sociale.

Après la sortie du Conseil européen, Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont voulu revêtir l'habit des "bons européens". Le chancelier allemand a déclaré qu'il y avait deux sortes de pays, ceux qui, comme la Pologne et l'Espagne, font passer leur intérêt national avant celui de l'Europe, et ceux qui, tout en défendant légitimement leurs intérêts nationaux, font passer au premier rang l'intérêt européen. Le président français a estimé qu'une "certaine différence de culture" avait "pesé" sur les négociations.

En fait, la France et l'Allemagne paient, avec quelques années de retard, le prix de leur brouille et de leur propre euroscepticisme dans les années 1990. L'ancien ministre de Basse-Saxe Gerhard Schröder s'opposait encore à l'euro en 1997. A peine élu chancelier, il s'empressait de dénoncer "l'argent allemand flambé à Bruxelles".

De son côté, Jacques Chirac menait, de sommet en sommet, des combats pour défendre des intérêts nationaux : en 1998 pour plaider en faveur de la candidature de Jean-Claude Trichet à la présidence de la Banque centrale européenne ; en 1999 à Berlin pour préserver les primes à la vache allaitante des éleveurs du Limousin ; en 2000 à Nice, pour défendre la parité de la France et de l'Allemagne au Conseil européen, ce qui a empêché une réforme sérieuse des institutions européennes.

La France et l'Allemagne ont laissé pendant ces années cruciales l'Europe en déshérence. Les deux pays n'ont pas su préparer l'élargissement. D'abord sur le plan institutionnel, comme en témoignent les échecs des sommets d'Amsterdam en 1997 et de Nice en 2000. Ensuite, sur le plan politique : Paris et Berlin n'ont pas tenu de discours structuré à la Pologne sur la nature de l'engagement politique que signifiait l'entrée dans l'Union.

In fine, l'adhésion a été orchestrée par la Commission, qui a mené les négociations de manière notariale. Estimant qu'ils avaient rempli les conditions exigées, les Polonais, aigris après des années d'efforts, ne s'estiment pas liés par un quelconque code de bonne volonté politique.

Les Français et les Allemands ont commencé à réagir quand il était trop tard, à l'automne 2002. Miraculés des élections, Gerhard Schröder et Jacques Chirac se sont aperçus qu'ils étaient les grands perdants de leur non-entente. Ils ont alors scellé leur réconciliation en mettant fin à leur différend sur l'agriculture. Ils ont alors cru que le moteur franco-allemand allait de nouveau pouvoir imposer son rythme à l'Europe. Entre-temps, celle-ci avait changé et leurs partenaires également : ils ne veulent pas de l'Europe-puissance ou d'"eurogaullisme" étendu au continent. Ils ne veulent pas d'un modèle social-démocrate continental, jugé incapable de se réformer.

Côté français, plutôt que d'essayer de reprendre la main en Europe, on s'en désintéresse. C'est ainsi qu'il faut comprendre le concept d'union franco-allemande développé par le ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin.

Trouvant que l'Europe n'avance pas au rythme du monde, dubitatif depuis plus d'un an sur les vertus de la Convention, le ministre français cherche à s'affranchir du carcan de l'Union. De là à soupçonner les Français d'être ravis de l'échec du sommet de Bruxelles, voire d'avoir misé sur cette crise, il n'y a qu'un pas, qu'ont franchi plusieurs délégations européennes lors du sommet de Bruxelles. Une crise n'est-elle pas le meilleur moyen de relancer, aussi vivement que l'a fait Jacques Chirac, l'idée d'une "avant-garde" en Europe.

C'est oublier que l'Union restera compétente pour tous les domaines considérables qui la concernent. La coopération judiciaire doit se faire dans l'espace de Schengen. Avec une monnaie unique, la coopération économique doit concerner la zone euro. Les petits pays et nouveaux adhérents ne croient plus guère à la sincérité des engagements pris par MM. Chirac et Schröder, qui viennent de saborder le pacte de stabilité. Et si la Convention a enregistré aussi peu de progrès en matière de gouvernance économique, c'est en raison de l'extrême frilosité de Berlin.

L'approche française, principalement intergouvernementale, peut séduire les Britanniques, sans lesquels une défense et une politique étrangère n'ont pas de sens. L'accord intervenu sur la défense en témoigne. Mais cette conception intergouvernementale risque de conduire à de graves malentendus avec les Allemands. Car on n'imagine pas à Berlin jeter par-dessus bord l'Europe des 25. C'est elle qu'il faut sauver en priorité, insistent les Allemands, tandis que les Français ne disent rien.

Arnaud Leparmentier

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 16.12.03

Publicado por Francisco Nunes em dezembro 17, 2003 01:23 AM